Seconde guerre mondiale : Les alliés ont-ils utilisé des armes de dérision massive?...

L’étrange affaire des bombes en bois.
"Wood for wood !"



Afin de tromper les bombardiers alliés, les Allemands avaient créé en Europe de faux terrains d’aviation avec de faux avions en bois souvent imités à la perfection. Autour de ces terrains fantômes courent d’étranges histoires selon lesquelles, les Alliés auraient largué des bombes en bois avec souvent l’inscription « Wood for wood » (bois pour bois). L’historien Pierre Antoine Courouble, membre de l'association nationale des Anciens aérodromes, s’est intéressé à cette anecdote officiellement niée par les autorités britanniques et classée par le site américain Snopes comme une urban legend (rumeur populaire). De fait l’anecdote semblerait digne d’une fable de La Fontaine déclinant le thème de l’arroseur arrosé, et paraît invraisemblable de prime abord. La guerre n’est pas un jeu, pourquoi exposer la vie de pilotes et un précieux matériel de guerre pour de tels calembours ?


Plusieurs hypothèses s'affrontent ...


1. Une légende urbaine ?

L'affaire se résumerait à des calambours de mess pour pilotes, transformés en propos fanfarons de comptoirs qu'une rumeur populaire renforcée par un patriotisme revanchard aurait exagérément développé.

=> PA Courouble a retrouvé et enregistré de nombreux témoignages issus de la résistance, de civils ou d'employés sur les aérodromes allemands, de pilotes allemands eux-mêmes qui attestent avoir assisté à ces largages de bombes en bois.

2. Une confusion historique ?

Les Allemands avaient réalisé de fausses bombes en bois avec leurs leurres d'avions. Après les raids alliés les témoins ont cru que les projectiles en bois retrouvés au sol provenaient des Alliés.

=> Aucun témoignage d'origine allemande ou issu des employés, prisonniers ou de la Résistance locale n'évoque la présence de fausses bombes créées par les Allemands. Ces derniers ne poussaient pas le réalisme jusqu'à de tels détails.

3. Une évacuation de surplus ?

Les Alliés disposaient pour l'entrainement, d'un grand nombre de bombes en bois qui encombraient les dépôts des armuriers. Pour s'en débarrasser progressivement, ces derniers les ont chargés sur les bombardiers en les mélangeant aux bombes actives.

=> Tous les témoignages évoquent des largages ciblés où les bombes en bois ne se retrouvaient pas disséminés au hasard sur les terrains. Bombes en bois sur les leurres ET bombes réelles sur les sites actifs avec parfois la mention "Wood for wood" et "Steel for steel".

4. Une initiative individuelle de pilotes ?

Les pilotes avaient 20 ans, certains d'entre eux ont eu recours à des initiatives de ce type pour moquer l'ennemi, recourant à l'humour comme à un exutoire fasse à l'horreur de la guerre. Ces initiatives n'étaient pas cautionnées par la hiérarchie militaire.

=> De nombreux témoignages rapportent des largages de bombes en bois effectués suite à un signalement par la Résistance à Londres. Ces cas suggèrent une parfaite connaissance des alliés sur les agissements allemands et une réponse en conséquence adaptée donc cautionnée.

5. Une mesure de guerre psychologique ?

Le SOE, service secret anglais travaillant en étroite correspondance avec les réseaux de Résistance, disposait d'une escadrille habilitée aux opérations de guerre psychologique. Certaines de leurs missions consistaient en des largages de tracts et de bombes en bois pour démoraliser l'ennemi.

=> Les autorités britanniques ont toujours nié la réalité de ces faits. Jamais ils n'ont largué de bombes en bois. Ils s'offusquent même du sujet : " We are not Monty Python! War is not a game!"

TOUTES CES PISTES SONT EXPLOREES DANS LE FILM
"WOOD FOR WOOD" DE PIERRE ANTOINE COUROUBLE


Pour tordre le cou à quelques objections
qui n'en sont pas...

"Souvent éclipsée, la vérité n'est jamais éteinte" Tite-Live...



Sur l'affaire des bombes en bois de sempiternelles objections circulent sur le web et ont la vie dure sur certains forums bien qu'elles aient été réfutées avec précisions dans "L'énigme des bombes en bois". Citons les :


"Un site de légendes urbaines démystifie cette histoire".

=> Le site américain Snopes ne démystifie strictement rien et ne fait qu'affirmer sans aucune preuve à l'appui mais uniquement en critiquant UN SEUL témoignage (l'article d'un journaliste William Shirer) alors que nous avons collecté plusieurs centaines de témoignages pour la plupart témoins ou acteurs directs de ces largages. Par ailleurs l'argumentation de l'article s'appuie sur des contre-vérités historiques : "de tels faux terrain d'aviation entièrement en bois auraient été une perte extravagante de ressources pour les Allemands" (pourtant ils existaient bel et bien et sont aujourd'hui dûment inventoriés). "Ces derniers n’avaient pas à être réalistes pour des observateurs au sol" (Les témoignages rapportés et les photographies d'époque prouvent exactement le contraire)...


"Un projectile en bois largué de quelques milliers de pieds du sol aurait été réduit en de nombreux cure-dents".

=> Dans les années 30 et 40, les Hollandais, les Anglais et les Américains ont confectionné des bombes d'exercices en bois qui non seulement n'éclataient pas au contact du sol mais pouvaient être parfois réemployées. Certaines d'entre elles il est vrai (GB), étaient remplies de sables, et précisément conçues pour éclater au sol mais d'autres de taille plus réduite (NL & USA) étaient munies d'une ogive métallique. Elles n'éclataient nullement au contact du sol et nous sont même parvenues intactes.


"Larguer une grosse bombe en bois muni d'un parachute ne garantirait pas d'atteindre la cible".

=> Les avions (lents) du SOE étaient coutumiers du fait. Larguer par voie aérienne un projectile lesté avec parachute sur un faux aérodrome correspondant à la superficie de plusieurs terrains de foot n'était pas plus difficile que de larguer des contenairs dans un pré ou une pâture.


"Ces missions-plaisanteries étaient impensables car les Allemands ne répondaient pas avec des pommes de pin!... ".

=> Encore une fausse idée. Le risque de survol de ces faux terrains était NUL car les Allemands ne les défendaient pas. De nombreux témoignages collectés rapportent même que les enfants des fermes environnantes les utilisaient comme aire de jeux, notamment à partir de 43!


"Quel intérêt stratégique aurait eu les Alliés à informer les Allemands que leur supercherie était découverte?"

=> La quasi totalité des sites étudiés prouve que les Alliés ne bombardèrent JAMAIS les faux sites. Indirectement la preuve était donc fournie par les Alliés qu'ils n'étaient pas dupes. Par contre, de nombreux témoignages attestent que le largage des bombes en bois ulcéraient prodigieusement les Allemands et contribuaient donc ainsi à leur démoralisation.


"En janvier 1941 les services de la propagande militaire anglaise avaient envisagé de lancer cette histoire des bombes en bois mais ils y avaient renoncé craignant d’exposer ainsi leurs sources d'informations (contacts de la Résistance)".

=> Précisément, voilà bien la preuve que les Anglais considéraient de tels largages comme valables sur le plan de la guerre psychologique. Mais ce qui pouvait être vrai en janvier 41, l'était déjà moins au printemps avec le redéploiement allemand sur le front russe, et plus du tout en 42, 43 et 44 où les leurres allemands pourrissaient au soleil ou sous la pluie.


"Effectuer une missions de bombardement avec un seul avion aurait été suicidaire, la défense des bombardiers étant garantie par une formation d'accompagnement de chasseurs"

=> Encore une contre vérité. A partir de 42, les attaques isolées de chasseurs bombardiers étaient devenues monnaie courante. Certains appareils, effectuant des missions de reconnaissance ou d'observation pour un appui au sol, étaient précisément équipés de ces bombes en bois pour le signalement ou balisage d'objectifs (notamment les modèles drift signal Mk4 ou Mk5 munis d'un dispositif fumigène).


"Il était couteux et contre productif d'organiser une mission de largage de bombes en bois sur des leurres alors qu'il y avait tant à faire ailleurs".

=>Tous les témoignages qui relatent un largage de plusieurs bombes en bois sur un faux terrain attestent que ces missions étaient combinées avec un vrai bombardement sur le terrain actif voisinant. C'était donc une opération combinée, sans perte de temps ni d'énergie. A l'occasion d'un vrai raid, au moment du survol des leurres, ils larguaient quelques "cartes de visite".


"Aucun document d'archive anglaise dans les rapport de mission ou ORB (Operations Record Books) n'évoquent le largage de bombes en bois".

=> De l'avis d'anciens vétérans, si ces missions s'effectuaient à l'insu de la hiérarchie, il n'y a alors aucune raison d'en trouver trace dans les ORB. De l'avis du Dr Benamou qui affirme qu'il s'agissait de missions "psywar" réalisées par le SOE, vu que 90% des archives ont brûlé "accidentellement" après guerre et que seulement 1% du restant sont aujourd'hui à la consultation, retrouver ces traces relèveraient de la gageure. Par ailleurs tous les membres du SOE sont engagés par un serment de silence "à vie".

Petite mise au point à propos d'une querelle de bois


Je n’étais aucunement prédestiné à écrire un livre sur l'affaire des bombes en bois ni à m'engager dans une enquête qui se poursuit encore aujourd'hui. En 2007 je pensais évoquer accessoirement cette anecdote dans le cadre d’une recherche historique que je menais sur le champ d'aviation de Lille-Lesquin pour le compte de l'association "Anciens Aérodromes".

Soulevant cette question sur un forum se voulant spécialisé sur les questions aéronautiques, j’ai été un peu abasourdi par la virulence des réactions ainsi que par la certitude de quelques internautes affidés au site pour qui l'affaire était entendue : "nous savons" que c'est une élucubration risible, une rumeur infondée ne disposant d’aucune base sérieuse, d'aucun témoignage valide! Outres quelques uns des faux arguments précédemment cités, mes interlocuteurs me mettaient au défi de retrouver des photos de ces fameuses bombes ainsi que des témoins oculaires de cette affaire, démarche impossible selon eux puisqu'il s'agissait d'un mythe... Le raccourci était le suivant : affaire des bombes en bois = rumeur de 1939 sur un survol hypothétique de la France par des avions italiens = histoire de la fausse gourmette de Saint-Exupéry !

Comparaison n’est pas raison m’avait-on appris en fac d’histoire. On m'avait aussi appris qu'il n'y avait jamais de mauvais sujet d'étude sur un plan scientifique mais uniquement de mauvaises méthodes. Je décidais donc d'avoir le cœur net sur cette affaire et de me lancer dans une véritable enquête historique, quitte à faire amende honorable si effectivement le sujet se révélait vide… Pour faire court, je repris tous les points qui m’avaient été objectés. Toutes ces objections, je dis bien TOUTES, sans exception aucune, tombèrent lorsqu'elles furent abordées avec des personnalités compétentes : techniciens de l’armée de l’air, armuriers, pilotes, vétérans ou historiens de la Seconde Guerre Mondiale. Mieux je découvrais que l’affaire des bombes en bois renvoyait à une multitude de témoignages, dont certains de première main, étaient issus des rangs de la Résistance, des forces Alliées ou des forces de l'Axe elles-mêmes, qui en ont été destinataires. J'en collectais alors 137 (aujourd'hui plus de 300 voir l'onglet "Témoignages"). 

Conciliant tous ces résultats dans un livre "L'énigme des bombes en bois", je pensais naïvement que la publication de ce dernier en juin 2009, amènerait un échange d'idées, une confrontation enrichissante de point de vues, comme je l'avais déjà vécu sur d'autres sujets de recherche. En août 2009, une recension du livre parut sur la bibliothèque virtuelle du forum évoqué plus haut. J'étais impatient de la lire. Vu la longueur exceptionnellement longue de cette recension (du jamais vu sur ce site), on aurait pu pensé qu'il allait y avoir une analyse fine et détaillée de l'ouvrage avec des remarques pertinentes sur différents aspects de son contenu?... Que nenni. L'auteur de cette recension dont je préfère taire le nom, développa une critique exclusivement à charge du livre et de son sujet. J'hallucinais.

Comment pouvait-on écrire une recension sur un livre sans préciser au minimum la structure de ce dernier? Sans donner les grandes lignes de son contenu? Sans indiquer qu'il y avait 187 sources citées? Sans préciser le nom de la personnalité qui le préfaçait (le fils de Lord Dowding qui dirigeait la RAF durant la Bataille d'Angleterre)? Sans présenter les six pistes d'interprétation qui étaient explorées et rattachées à des acteurs précis de l'histoire de la Seconde guerre mondiale? Sans indiquer les 137 témoignages collectés sur cette affaire où se retrouvaient des français, des résistants, des pilotes, des officiers supérieurs, des Anglais, des Américains mais aussi des Allemands, des historiens locaux comme des universitaires, des as de l'aviation, des personnalités voire des célébrités de la Seconde guerre mondiale?... Alors que les autres critiques de la presse spécialisée saluèrent unanimement la sortie du livre (voir onglet Média "Revue de presse"), appréciant notamment "un travail de synthèse sur un sujet jamais traité" et "qui n'imposait pas sa vérité", notre contradicteur lui, tout au contraire, dénonçait un ouvrage partial qui voudrait imposer son point de vue ou plus exactement "ses" point de vues. Critique pleine de paradoxe chez notre censeur dont on ne comprend plus vraiment l'opinion en terme de critique. En effet tout au long de sa recension, ce dernier me prêtait des propos précis qui n'avaient jamais été les miens mais ceux de personnes pourtant dûment citées et accréditées dans l’ouvrage. Il feignait donc de les ignorer complètement comme s'il n'y avait qu'un seul nom cité dans l'ouvrage : le mien! Il évoquait également des contre-arguments (risques encourus avec la Flak par exemple) qui étaient précisément traités dans le livre et qui ne résistaient pas à la lecture des faits... Enfin, il me citait quand même, dans quelques uns de mes vrais propos, mais en les extrayant totalement de leur contexte, tant et si bien que ceux-ci en paraissaient ridicules... Bref, notre recenseur avait-il pris la peine de lire un minimum l'ouvrage avant de vouloir le démolir? Travail bâclé, incompétence ou malhonnêteté intellectuelle? Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir. Nous laissons aux lecteurs le soin de juger par eux-mêmes en confrontant les deux textes. 

Ceux qui avaient lu mon livre et pris connaissance de cette pseudo critique livresque, n'en revenaient pas. Fallait-il exiger le retrait de cette recension-démolition? "Les gens intelligents ne sont pas dupes" me commentait Laurent Bailleul, président d'Anciens Aérodromes. "La controverse est une bonne chose, laissez dire, l'essentiel est qu'on parle de votre livre" philosophait l'éditeur Chevassut. "Tu as la chance de mener une enquête sur un sujet resté complètement vierge, imagine un peu que tout le monde soit d'accord sur une anecdote acceptée et reconnue par tous? Il n'y aurait jamais eu la matière pour écrire un livre, tout juste une ligne ou un paragraphe dans un manuel d'histoire" me commentait un collègue journaliste. Après concertation avec l'avocat de mon éditeur, il fut donc décidé de laisser telle cette critique polémique et je me suis donc rallié au point de vue de mes amis, constatant finalement, que les faits qui s'en suivirent leur donnèrent raison. Il y eut le succès des quatre traductions du livre, le nombre important de nouveaux témoignages qui me parvenaient (dont ceux de pilotes vétérans comme celui du pilote allemand Thiel) ainsi que l'importance qualitative des messages de soutien qui émanaient d'autorités compétentes issus des milieux de la recherche historique ou de l'armée de l'air (voir onglet "Commentaires et réactions"). 

Si j'accepte le scepticisme lorsqu'il est la marque de l'intelligence, il m'est cependant difficile de supporter la gredinerie intellectuelle. En septembre 2009, juste après la publication de sa valeureuse critique, notre censeur grisonnant s'inscrit sous divers pseudos germanisants (et même sous un faux âge : 16 ans!) sur d'autres sites consacrés à 39-45. Il entend battre la controverse et bien sûr renvoyer les internautes vers la lecture de sa fameuse "recension" qui était sensée donner "la" vérité sur le sujet. Etonnante attitude, qui ne brillait guère par son élégance et qui sera suivie peu de temps après par une fausse annonce de publication sur leur site bibliothèque : une satyre moqueuse de mes recherches : "L'énigme des bombes en bouses"... "L'affaire" dans l'affaire aurait toutefois pu en rester là et prêter à sourire si elle n'avait dérapé dans le pénal. L'un des sbires les plus agressifs de la contestation alla jusqu'à usurper électroniquement l'identité du président de l'association "Ancien Aérodrome", celle d'un collègue auteur ainsi que la mienne. A grands recours de grossièretés langagières, ce dernier tenta de semer la zizanie entre nous et nos contacts, mais surtout il tenta de discréditer nos personnes et finalement les objets de nos recherches. Démasqué puis épinglé par la gendarmerie en 2011 suite à notre plainte, condamné par la justice en 2012, ce triste individu s'est fait aujourd'hui discret sur la toile et rase désormais les murs.

Pourquoi tant de haine ou de bêtise?... Une attitude franchement excessive qui laisse songeur... En fonction de mes sujets de recherche, j'ai croisé pas mal de passionnés d'histoire dans ma carrière d'écrivaillon-historien : des médiévistes, des napoléoniens, des spécialistes sur Jack London, d'autres sur la Révolution française (dont les plus grands parmi les milieux universitaires)... Parfois il pouvait y avoir des différences de points de vue, voire des désaccords dans l'analyse, mais cela se passait toujours dans le respect de l'autre et surtout "courtoisement". Là, j'avoue, j'étais vraiment tombé de haut. Avoir des contradicteurs bornés, c'est une chose, mais qu'ils deviennent stupidement féroces, c'est autre chose... L'agressivité de ton dans leurs propos ainsi que celle manifestée dans leurs agissements "parallèles" me laissaient pantois. Pour moi, une telle virulence confinait à l'irrationalité, et constituait en soi une énigme de plus à résoudre.

Une énigme dont j'allais finalement trouver une explication convaincante dans la bouche d'un membre de l'association "Anciens Aérodromes", historien et auteur de quelques ouvrages sur l'aéronautique 39-45. Il était un participant régulier mais discret de leur forum et côtoyait occasionnellement certains de ses caciques. Selon lui, la clé de la petite énigme (dans la grande) se résumait en un seul mot : vanité. "Tu t'étonnes? Ça fait vingt ans qu'ils se passionnent pour divers sujets lié à l'aéronautiques 39-45. L'affaire des bombes en bois ils l'avaient classé rapidement, et pensaient-ils, définitivement, dans le registre des fausses lunes. Ils croyaient sincèrement qu'il n'y avait rien à gratter sur le sujet, et toi tu débarques tout sourire de ton Ardèche profonde. Tu persévères et, summum de la provocation, tu grattes un filon où tu découvres des pépites là où ils clamaient qu'il n'y avait strictement rien à trouver. Mets toi à leur place?... " Mon ami est un sage. Ajouté au commentaire de celui-ci que mes recherches s'inscrivaient dans le cadre de l'association naissante "Anciens Aérodromes" dont le succès des travaux suscitait moult jalousies chez certains "chercheurs" amateurs qui ne peuvent considérer autrement la recherche historique que comme une chasse gardée aux champignons, et la boucle était bouclée.

"Avec le recul j'ai eu l'impression que nous avions fait l'objet d'une véritable croisade, limite diffamante, orchestrée par quelques individus sur le web" me confia quelques années plus tard Laurent Bailleul. Très probablement a-t-il raison. L'attitude des compères ligués confirmera d'ailleurs cette analyse de Laurent. Toutes les fois où j'ai essayé d'engager un dialogue avec eux, par mail, en communiquant mon numéro de tél personnel, en proposant même de me déplacer physiquement pour rencontrer l'un d'entre eux (plusieurs centaines de kilomètres à parcourir tout de même!), j'ai toujours essuyé une fin de non recevoir, souvent méprisante, comme si je me heurtais à un mur de belligérants... Finalement nous avons décidé de les ignorer complètement et de poursuivre notre chemin, passant outre. Mais si l'on peut mentir aux autres et surtout mentir à soi-même, la vérité est têtue, et elle finit toujours par éclater... au grand jour.

Pour conclure  (sur une chicane dérisoire)


Je me suis toujours passionné pour l'histoire, surtout lorsqu'elle sortait des sentiers battus...

J'aime les individus passionnés, car ils sont souvent passionnants.

Enfant, on peint des maquettes Airfix, ado on détecte des "trésors" en forme de bouts de ferraille sur des sites de crashs, adulte on collectionne à prix fort des photos vintages sur Ebay... La passion est le sel de la vie, que ce soit celle des soldats de plombs, des timbres, des insectes ou des cartes postales... Qu'importe l'objet pourvu qu'on ait l'ivresse. Le tout est de rester dans une ébriété raisonnable et bon enfant. Sachons néanmoins nous garder d'une ivrognerie douloureuse pour soi et pour les autres, lorsque l'égo devient prépondérant et que la passion cède la place à l'addiction.

Je remercie l'association Anciens Aérodromes, nombre de ses adhérents qui sont devenus aujourd'hui des amis, ainsi que son président, Laurent Bailleul, qui m'a toujours témoigné un indéfectible soutien sur mes recherches, et ce depuis la première heure jusqu'à aujourd'hui. 

Finalement avec le recul, je remercie aussi mes adversaires du net. Je n'ai aucune haine à leur encontre et je leur pardonne leur attitude passée. Je les remercie sincèrement de m'avoir piqué au vif sur cette affaire en 2007-2008. Probablement n'aurais-je jamais entrepris ces recherches atypiques s'ils m'avaient tout simplement répondus par des messages cordiaux, ainsi que des commentaires nuancés et banaux sur la question... 

Au terme de la publication de mon premier livre, plusieurs réponses ont été apportées à l'affaire des bombes en bois mais bien d’autres questions soulevées restent pour l’instant sans réponse.

Aujourd'hui je poursuis l' enquête sur cette affaire à la faveur de la production d'un web documentaire et de l'écriture d'une suite sur le sujet, ET JE ME REGALE!...

Prouver qu'une légende urbaine de 39-45 n'en était pas une, quel beau défi! 

J'aurai pu ne jamais écrire ces quelques lignes sur ce site, leur propos concernant un aspect connexe de mes recherches, et finalement de peu d'intérêt. Mais après discussion avec mes proches, j'ai décidé d'exprimer ici, chez moi, sur le site que je crée et consacre à ces recherches, ma vérité, sur ce qu'il s'est passé en 2009 et comment j'ai vécu les choses.

Je ne m'exprime pas sur un forum masqué en dissimulant mon identité sous un pseudo, je m'exprime ici librement, persiste et signe. 


Je m'appelle Pierre Antoine Courouble. 

Joyeuse, le 11 novembre 2013